Rapport 2021 sur l’apprentissage numérique dans les établissements postsecondaires au Québec

Quel impact la pandémie aura-t-elle eu sur l'apprentissage en ligne et sur les compétences numériques dans les établissements postsecondaires ?  

C'est dans le cadre de son Enquête nationale sur l'apprentissage en ligne et numérique, réalisée annuellement depuis 2017 (pause en 2020 en raison de la pandémie), que l'Association canadienne de recherche sur la formation en ligne tente de faire l'état des lieux de la situation. Le rapport sur la province de Québec de 2021 s'appuie sur les réponses issues de 22 établissements d'enseignement postsecondaires (11 cégeps et 11 universités). Il faut noter que cette enquête a été transmise à des personnes représentantes de ces établissements et non pas aux populations concernées. Les réponses peuvent cependant s'appuyer sur des sondages ou des enquêtes internes où la population étudiante et le personnel enseignant ont pu être consultés.  

Bien que l'enquête s'attarde à plusieurs aspects de l'apprentissage en ligne, le présent article vise à mettre en évidence les faits saillants de ce rapport en ce qui concerne la population étudiante.  

Défis urgents liés aux activités des établissements : 

Bien que les défis liés à la mise en œuvre de protocoles de santé, à l'infrastructure technologique et à la restructuration forcée (des pratiques pédagogiques, des programmes et du rôle du personnel enseignant ou professionnel) se trouvent en haut de la liste selon les personnes répondantes de l'enquête, un certain nombre de défis se rapportant davantage aux étudiantes et étudiants ont été relevés. 

  • Le maintien des inscriptions ou la rétention des étudiantes et étudiants (57 % des personnes répondantes). 

  • La fermeture des frontières canadiennes a joué un rôle important quant au recrutement d’étudiantes et d’étudiants étrangers (55 %). 

  • Le recrutement d’étudiantes et d’étudiants canadiens a aussi été un défi, dans une moindre mesure (19 %). 

Les défis urgents liés aux étudiantes et étudiants : 

  • La santé mentale et le stress vécu par les étudiantes et étudiants (86 % des personnes répondantes). 

  • Accès des étudiantes et étudiants aux technologies (62 %). 

  • Attitude des étudiantes et étudiants à l'égard des cours en ligne (36 %). 

Interrogées sur les tendances à venir pour l'automne 2021 et l'hiver 2022, les personnes répondantes se sont prononcées notamment sur l’offre de cours. Les résultats démontrent qu'elles s'attendent à une augmentation de l'utilisation des technologies en appui à l'apprentissage, à davantage de cours en ligne et à davantage de matériel numérique pour les cours. 

Préférences des étudiantes et des étudiants relativement aux modalités de formation pour l'année 2021-2022 

Vis-à-vis les cours en ligne, voici selon le niveau, lenclin des différents niveaux à préférer cette modalité : 

  • Premier cycle (84 %) ; 

  • Cycles supérieurs (59 %) ; 

  • Programmes professionnels (37 %). 

  • En comparant les étudiantes et étudiants québécois versus les étudiantes et étudiants étrangers (72 % vs 43 %).  

Les personnes répondantes indiquent que les étudiantes et étudiants s'attendent par ailleurs à : 

  • Une plus grande flexibilité dans leurs cours ;  

  • Une plus grande utilisation des technologies dans les cours en présentiel ; 

  • Avoir plus d’options pour interagir avec le personnel enseignant de façon virtuelle ; 

  • Une plus grande utilisation des ressources éducatives numériques ; 

  • Davantage de formations hybrides (certains cours en ligne et certains en personne) ; 

  • Une plus grande cohérence dans l'utilisation des outils numériques et des plateformes. 

Les commentaires recueillis plaident en faveur de formation en ligne pour ses avantages en matière de conciliation travail-études-famille, surtout pour la population étudiante du secteur de la formation continue et dans une moindre mesure pour le secteur régulier. Pour cette dernière, on soulève l’importance des enjeux du manque d'interaction entre étudiantes et étudiants, de l'isolement et de la perte de repères. On souligne notamment les défis en ce qui concerne l'expérience étudiante pour une première année universitaire (transition).  

Pour conclure 

  • Le mode hybride semble être identifié comme une avenue porteuse et permettant les avantages des deux modalités de formation.  

  • Les auteurs de ce rapport soulignent que bien que les réponses des personnes répondantes s'appuient sur des rétroactions de la part de la population étudiante, certains établissements indiquaient n'avoir pas mis en place de mécanismes de suivi de la situation dans le contexte mouvant de la pandémie.  

  • Même si le contexte de cette collecte de données revêt un caractère singulier (adjectif utilisé par les auteurs), cette enquête demeure pertinente afin de recenser les changements et l'évolution de la situation dans les établissements en matière d'apprentissage en ligne et numérique.