6 leçons pour en finir avec le racisme sur les campus

Pour espérer éradiquer les comportements racistes, un campus devrait inclure la vision des personnes qui en sont victimes. C'est ce que Warrenetta Crawford Mann, Aesha L. Uqdah, et Barry A. Schreier mettent de l'avant dans leur article de Higher Education Today, A Trauma-Informed Lens for Addressing Race-Based Incidents on Campus.

Tenir compte de l'expérience des personnes victimes de racisme, c'est faire d'emblée la proposition qu'il n'existe pas une approche unique dans l'intervention. Ainsi, afin de résoudre les nombreux problèmes soulevés par la discrimination, les micro-agressions, la violence racialisée et les inégalités systémiques, il est vu comme essentiel de mettre en place des pratiques qui permettent à celles et ceux qui se sentent lésés de nommer et de définir ce qui les aidera à guérir.

Pour se faire, l’article propose 6 leçons qui s’adressent aux institutions d'enseignement qui s'investissent dans la lutte aux manifestations du racisme sur leur campus :

1- Écouter (Listen)

  • Créer des forums pour que les personnes victimes de racisme puissent faire entendre leur voix ;
  • Accompagner les personnes qui ont vécu un préjudice dans leur processus de dénonciation ;
  • Proposer des processus de soutien plutôt que de demander à l'étudiant de faire ses preuves et de prouver qu'un préjudice a été subi ;
  • Offrir des espaces sûrs et sans jugement aux étudiant.es minorisé.es et à leurs allié.es pour qu'ils puissent partager ce qui se passe sur les campus en matière de racisme, ce qui peut inclure les micro-agressions et les crimes haineux ;
  • Ne pas perpétuer les récits de blâme de la victime, d'invalidation ou de honte lorsque les étudiant.es décident de se manifester pour partager la vérité de leurs expériences.

2- Reconnaître et croire (Validate)

  • Reconnaître et croire les personnes victimes de crimes haineux et de micro-agressions. Il existe plusieurs raisons pour lesquelles les personnes ayant subi un traumatisme ne signalent pas les incidents aux autorités. L'une des raisons les plus courantes est la peur de ne pas être cru.
  • Recueillir et reconnaître de façon efficace et rapide un témoignage d'incident a un impact quant au sentiment de validation des personnes victimes. Lorsque les voix des étudiant.es, sur leurs expériences vécues sur le campus, ne sont pas prises en compte ou sont remises en question, ces voix finissent par se taire.

3- Soutenir (Support)

  • Créer un soutien durable et systémique pour les étudiant.es dont l'expérience du racisme a un impact sur leur bien-être et leur capacité à persévérer dans la poursuite de leurs études ;
  • Créer des structures de signalement des préjugés qui comprennent un processus clair et des résultats tangibles, ou un ensemble d'objectifs institutionnels en matière de diversité et d'équité qui respectent des délais précis.

4- ournir des mesures d'accommodement (Accommodate)

  • Évaluer les besoins des personnes qui sont ciblées ou touchées par les micro-agressions et les crimes haineux ;
  • Fournir des mesures d'accommodement appropriées ; les expériences traumatiques concernent probablement des personnes, des lieux et des services qui font partie intégrante de leur parcours d'études, par exemple une salle de classe ou leur emploi sur le campus. Exemples de mesures :
  • Peut-on changer le lieu d'une réunion de classe ?
  • Les membres du personnel concernés doivent-ils suivre une formation supplémentaire ?
  • Rencontrer les représentant.es des étudiant.es afin de planifier des changements raisonnables et ayant un impact ;
  • Examiner d'un œil critique les rituels et traditions sur le campus. Ce n'est pas parce qu'un événement ou un rituel a "toujours été" d'une certaine manière que cela empêche ces derniers d'évoluer vers des pratiques plus inclusives.

5- Se porter à la défense des droits (Advocate)

  • Se porter à la défense des droits des étudiant.es marginalisé.es ;
  • Reconnaître l'importance et l’impact des engagements de l'institution pour l'ensemble de la communauté où elle se situe ;
  • Poursuivre la sensibilisation face aux préjudices historiques qui ont permis l'édification de l'institution et d'être ce qu'elle est aujourd'hui ;
  • Être à l'origine d'un véritable changement culturel :
  • Exemple : En offrant un salaire décent à ses employé.es et en créant des collaborations de recherche avec des organisations communautaires qui profitent aux communautés marginalisées locales, tout en offrant des services et un apprentissage expérientiel aux étudiants.

6- Se joindre aux marginalisé.es (Join)

  • Joindre la voix de l'institution à celles des étudiant.es qui ont des identités minoritaires pour les soutenir dans leur expression, leurs actions et leur recherche de changement ;
  • Être prêt.es à agir non seulement en paroles, mais aussi en actes, en particulier lorsqu'on ne partage pas les identités de celles et ceux qui subissent des traumatismes ;
  • Éviter d'encourager la marginalisation ;
  • Voir la justice sociale comme une question de santé publique donc essentielle au bien-être des étudiant.es et des campus.

Pour lire l'article complet (en anglais) : A Trauma-Informed Lens for Addressing Race-Based Incidents on Campus

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