Le mentorat pour soutenir les étudiants : retour sur le 7e café virtuel SAE

 

Le 28 octobre 2020 a eu lieu un Café virtuel SAE portant sur les programmes de mentorat, de tutorat, de pairage et de jumelage, tant pour les étudiants canadiens qu’internationaux. Cette activité a été l'occasion de présenter certains modèles, de partager des bons coups et de discuter des défis rencontrés particulièrement en contexte à distance. Voici le résumé des présentations et des propos échangés par la trentaine de participants issus des équipes des SAE du réseau de l'Université du Québec.

Présentations

L'activité a débuté par la présentation de trois modèles de mentorat : Mentorat UQAM, programme Contact de l'ÉTS et le programme de mentorat de l'INRS.

Mentorat UQAM

Fréderic Auger et Chloé Stouvenel du Bureau des diplômés de l'UQAM sont invités pour présenter Mentorat UQAM, une plateforme de mentorat virtuelle propulsée par leur partenaire Elo mentorat. Lancée fin 2018, elle s'adressait alors plus spécifiquement aux diplômés pour leur permettre de faire du réseautage professionnelle. Depuis septembre dernier, mentorat UQAM s'adresse à toute la communauté universitaire de l'UQAM, c'est-à-dire les étudiants, les postdoctorants, les professeurs et les autres employés qui peuvent eux-mêmes choisir d'être mentors, mentorés ou les deux. La plateforme laisse beaucoup d'autonomie et de liberté à ses adhérents et chaque mentoré est libre de choisir le mentor qui lui convient. Bien que le mentorat professionnel était l'objectif principal, cet élargissement à l'ensemble de la communauté universitaire permet désormais d'entrevoir d'autres types de mentorat qui pourraient, entre autres, faciliter la transition vers les cycles supérieurs, faciliter l'intégration dans un programme ou à la vie universitaire, briser l'isolement ou obtenir du soutien à l'apprentissage. Les initiateurs de ce programme souhaitent contribuer à bâtir un sentiment de communauté au sein de l'UQAM et les prochains mois nous diront comment ce projet aura évolué.

Programme Contact de l'ÉTS

Préoccupée par l'intégration des nouveaux étudiants, l'équipe des SAE de l'ÉTS a travaillé dès juillet dernier à la mise en place d'un programme de mentorat visant à faciliter leur intégration à l'université : le programme Contact. Francine Brochu, conseillère en aide et soutien à l'apprentissage à l'ÉTS explique qu'ils ont pu démarrer le programme rapidement par une volonté de la direction des SAE qui a rendu possible la mobilisation de plusieurs collaborateurs de l’équipe ainsi que dégager des fonds pour engager un chargé de projet.

Le principal objectif du programme Contact est de faciliter l'intégration universitaire, sociale et culturelle des nouveaux étudiants, mais aussi de favoriser la demande d'aide de leur part. Avec une formation d'une heure et différents outils mis à leur disposition, on demande aux mentors bénévoles d'accorder au moins trois suivis d'accompagnement à leur mentoré (par téléphone et par vidéoconférence) et de les référer vers les ressources appropriées lorsque nécessaire. Les pairages ont tous été effectués par l'équipe des SAE et ils sont toujours disponibles pour soutenir les mentors. Afin de remercier l’implication des étudiants dans le projet, des bourses de 200.00$ seront distribuées et une soirée reconnaissance sera organisée auprès de ces derniers. Un logo/t-shirts sera également disponible pour faire la promotion du  programme.

Parallèlement, un groupe de discussion permettra de bonifier l’offre de jumelage afin de bien répondre aux besoins des nouveaux étudiants. De plus, une évaluation de processus et d’impact permettra d’offrir une amélioration en continu du fonctionnement, mais aussi de l’atteinte des résultats auprès des nouveaux étudiants.

Programme de mentorat de l'INRS

Yannick Machabée, responsable des SAE de l'INRS, explique que depuis juin dernier, ils ont imaginé et mis en œuvre un plan d'action destiné à accueillir et soutenir les nouveaux étudiants à distance. L'un des éléments de ce plan a été la création d'un programme de mentorat orienté vers le réseautage et l'intégration à la vie universitaire, lequel s'inspire en partie du programme de mentorat de l'université de Moncton. Le programme s’adresse aussi aux étudiants en présence.

Pour la rentrée 2020, tous les nouveaux étudiants ont été jumelés avec un mentor qui avait préalablement suivi une formation. Celle-ci a porté sur la façon de créer des liens, les ressources disponibles pour les étudiants, le code d'éthique des mentors de l'INRS et sur les limites à respecter face aux demandes des aidés. Les pairages ont été effectués par les SAE qui ont apporté une attention particulière aux caractéristiques et au profil des mentors et des aidés. Comme exemple, le pays d'origine, le programme ou le parcours sont des éléments qui ont été pris en compte dans le choix des mentors. Chaque mentor a reçoit une bourse de reconnaissance pour son engagement et s’engage à contacter chacun de ses aidés (4) au moins une fois par mois. Une communauté de pratique des mentors a aussi été mise en place pour leur permettre d'échanger entre eux.

Échanges

Des participants ont partagés d'autres ressources et informations sur le mentorat :

  • À l'UQAT, les étudiants des programmes de gestion ont accès à un programme de mentorat où le lien avec le superviseur est très important. Pour favoriser le respect et l'engagement, un contrat entre les deux parties est signé au début de la relation.
  • À l'UQAM,  les Pairs aidants Korsa sont des étudiants inscrits à la maîtrise ou au doctorat aux prises avec divers enjeux liés à l’anxiété qui sont jumelés avec des étudiants de 1er cycle qui ont eux aussi des problèmes d’anxiété.
  • Dans le cadre du projet EPG, une trousse de mentorat devrait être partagée lors d'un webinaire le 26 novembre 2020 (l'information sera ajoutée lorsqu'elle sera disponible).

Certain participants étaient préoccupés par la lourdeur que peut amener la charge de mentor, notamment dans le cas ou des mentorés seraient en détresse. À l'ÉTS et l'INRS, les mentors sont amenés à référer vers d'autres ressources d'aide dès qu'ils sentent que la situation déborde de leur rôle. Une partie de la formation qu'ils reçoivent est consacrée à mieux connaître les ressources qui sont à la disposition des étudiants pour être en mesure de les référer vers les bonnes ressources au besoin.

Une participante souhaiterait mettre en place un groupe formé d'étudiants des cycles supérieurs afin d'aborder plusieurs des enjeux spécifiques aux études de maitrise ou au doctorat. Ainsi, au lieu de participer à des ateliers individuel, ils participeraient à plusieurs séance de partage, de formation ou de codéveloppement en groupe. Le modèle reste à imaginer, mais des thème tels que les compétences informationnelles, la planification du travail, les défis des études aux cycles supérieurs, le suivi de rédaction, la santé mentale ou la préparation de la soutenance pourraient être abordés.

La question du soutien des étudiants des cycles supérieurs intéresse plusieurs participants. Ils sont d'avis que ces étudiants ont des besoin spécifiques auxquels il est important de répondre.

  • À l'UQO, le Balado CURSUS + est spécifiquement dédié aux étudiants de cycles supérieurs et traite de différents sujets.
  • Paru en 2018,  Encadrer aux cycles supérieurs : étapes, problèmes et interventions de Christian Bégin s'intéresse à ces questions.
  • Depuis 2018 à l'UQAT, des ateliers de communication scientifique sont offerts par l'Institut Grammata aux étudiants des cycles supérieurs. Cette activité permet aussi de faire du réseautage, de parler de stress et des enjeux des étudiants des cycles supérieurs. Jusqu'à maintenant, l'appréciation et les retombées sont très positives. 

Pour la préparation de cette activité, d'autres programme de mentorat, des outils et des lectures choisies ont été répertoriées.  Vous les trouverez dans : Le mentorat pour soutenir les étudiants : ressources utiles