DOSSIER SAE | La prévention des violences à caractère sexuel au postsecondaire

Le projet de loi n°151 amène les établissements d'enseignement supérieur à mettre en place de nouvelles mesures visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel. L'information sur cette question abonde et le présent dossier constitue une sélection d'informations utiles et choisies pour les services aux étudiants.

Récemment, l'équipe ESSIMU a publié le rapport Les activités préventives en matière de violences sexuelles dans les milieux d’enseignement collégiaux et universitaires: Portrait des interventions actuelles au Québec

Ce projet s’inscrivait dans une visée globale de collaboration et de concertation, car en plus de faire un portrait global des pratiques préventives mises en place au Québec et de mettre en lumière les meilleures pratiques, l'équipe de recherche souhaitait aussi favoriser le partage des meilleures pratiques entre les institutions, réfléchir à des actions communes et concertées entre les établissements et s’appuyer sur les expertises de tous et chacun afin de combattre la problématique des violences sexuelles. Voici les faits saillants de ce rapport.

   Dans la mise en place de pratique préventive, il est important de :

  • développer des stratégies de prévention à même le cursus scolaire, mais aussi à l’extérieur;
  • concevoir une campagne de sensibilisation afin de promouvoir des normes sociales positives sur tout le campus.
  • considérer les besoins spécifiques de diverses populations (LGBTQ+,ÉSH, étudiants internationaux) non pas uniquement en intégrant les réalités de ces populations au cursus préventif régulier, mais plutôt en offrant des programmes additionnels spécialement conçus à partir de leurs besoins spécifiques.
  • s’associer avec les regroupements qui offrent déjà des activités préventives dans les campus (associations étudiantes, les centres LGBTQ+, les centres de femmes, etc.) car ces partenariats pourraient collaborer à développer une offre d’activités préventives plus globale, concertée et diversifiée, en plus de permettre la complémentarité des services plutôt que la concurrence.
  • d’offrir des programmes qui soient adaptés à la population précisément ciblée et au milieu dans lequel ils se déroulent, car les besoins et les réalités varient d’un établissement à un autre.

   Il faut choisir LES bons moments!

  • Saisir plusieurs opportunités pour amorcer une discussion sur les violences sexuelles (par exemple lorsque les étudiants utilisent les services de santé de l’établissement).
  • Dispenser les programmes de prévention  à tous les étudiants nouvellement arrivés ainsi qu’aux gradués, donc non seulement par le biais d’activités ponctuelles lors de l’accueil, mais plutôt tout au long du parcours scolaire.
  • Offrir les programmes préventifs en période d’accueil des étudiants, mais pas uniquement, car ils reçoivent beaucoup d'autres informations lors de cette période.
  • Rejoindre tous les étudiants minimalement une fois par année, et idéalement une fois par session. 
  • Faire davantage de prévention à certains moments clés de l’année scolaire, par exemple avant les semaines de lecture, pendant lesquelles davantage de situations de violences sexuelles seraient perpétrées.

   La formation des témoins actifs est efficace! 

  • L’équipe de recherche a conclu que ces programmes sont liés aux changements attendus quant à l’évolution vers des attitudes et croyances plus positives en lien avec les violences sexuelles. Les programmes pour témoins actifs sont une avenue probante et devraient faire partie de l’éventail des pratiques préventives à privilégier.

   Les pratiques préventives devraient informer la population étudiante sur : 

  • la définition des violences sexuelles;
  • Les croyances et des mythes entourant les violences sexuelles;
  • les interventions qui visent les témoins actifs;
  • les liens entre les violences sexuelles et l’alcool et les drogues;
  • le développement de relations saines et consensuelles;
  • les violences sexuelles perpétrées par une personne connue de la victime;
  • les protocoles et les services en place dans l’établissement;
  • d'informer la population étudiante des mesures préventives et des services offerts au sein de l'établissement;
  • les réactions à privilégier lors d’un dévoilement par un proche.

   Un répertoire de pratiques à partager

  • Les pages 51 à 205 du rapport présentent des fiches descriptives des activités recensées en milieux collégiaux et universitaires québécois.

Concernant plus spécifiquement les victimes de violences à caractère sexuel, la revue Affaires Universitaires publiait récemment un article contenant une série de conseils pour préparer les victimes à leur déclaration  :

  • Savoir quelle est la politique de l'université en matière de violence sexuelle;
  • Savoir quelle est la responsabilité liée à son rôle;
  • Savoir ce qu’on attend d'elle dans une telle situation
  • Demander à son superviseur de diffuser et de revoir les politiques et procédures de son université
  • S'informer pour connaître les ressources qui sont disponibles sur le campus

Finalement, une stratégie complète menée par les étudiants pour prévenir la violence sexuelle et appuyer les survivantes et survivants sur les campus universitaires canadiens (À notre tour) donne aux leaders étudiants les outils et les conseils pour effectuer changements concernant les violences à caractère sexuel au sein de leur établissement d'enseignement.

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