Qualité des pratiques de développement des compétences informationnelles au sein du réseau de l'Université du Québec

Rapport de recherche complet disponible à http://rapport-qualite-pdci.uquebec.ca/index.html 

 

Résumé de l'étude

Le problème à l’origine de cette étude se réfère au fait qu’une multitude de pratiques d’enseignement et de ressources technologiques ont été mises en œuvre dans le réseau de l’Université du Québec au cours de la dernière décennie afin d’optimiser le développement des compétences informationnelles des étudiants sans pour autant être en mesure d’en connaître véritablement la portée. Le but recherché étant de rendre les étudiants «infocompétents». En 2013, le Comité des bibliothèques du réseau de l’Université du Québec a estimé qu’il était devenu prioritaire d’évaluer la qualité des pratiques actuelles de développement des compétences informationnelles afin de déterminer si elles correspondent bien à ce qui devrait être effectivement mis en œuvre. Pour ce faire, une étude de type méthodologique a été conduite afin de valider des critères de qualité des pratiques de développement des compétences informationnelles. Les critères validés ont permis d’expérimenter des processus de mesure et d’évaluation de la qualité des pratiques de formation documentaire au sein du réseau.

 

Lors de la première phase de cette étude, plus de 1 500 critères de qualité ont été recensés dans les écrits. Un travail minutieux d’analyse et de synthèse de ces critères a permis de retenir 339 critères distincts soumis à la validation à l’aide de la technique DELPHI appliquée auprès de 18 bibliothécaires et 12 professeurs reconnus à titre d’experts en matière de développement des compétences informationnelles par leurs pairs. Le processus de validation permettait aux experts de se prononcer sur la clarté, la pertinence et l’importance des énoncés de critères qui leur ont été soumis. Ce processus a nécessité deux consultations des experts. Au terme de l’exercice, 265 critères ont été retenus par les bibliothécaires et 313 par les professeurs. Une importante divergence de perspectives entre les bibliothécaires et les professeurs a été décelée au regard de l’évaluation de la pertinence et de l’importance des énoncés de critères à valider.

 Parmi les 339 critères de qualité validés, 146 ont pu être opérationnalisés dans le but de les exploiter dans la deuxième phase de l’étude qui consistait à expérimenter un processus de mesure. Cette expérimentation a permis de vérifier le comportement des critères opérationnalisés dans une situation réelle de mesure ainsi que la possibilité d’instaurer une telle pratique au sein des établissements du réseau. Parmi les critères opérationnalisés, 108 permettaient de mesurer la qualité des pratiques de formation documentaire alors que 38 s’appliquaient à la qualité de la collaboration interprofessionnelle entre les divers intervenants et services impliqués dans le développement des compétences informationnelles des étudiants. La mesure de la qualité des formations documentaires s’est déroulée dans huit établissements auprès de 1 760 étudiants ayant bénéficié d’une formation. Quant à la mesure de la qualité de la collaboration interprofessionnelle, 68 répondants ont accepté de participer à notre étude (40 enseignants universitaires et 28 bibliothécaires-formateurs).

 Toutes les données collectées lors de la phase d’expérimentation du processus de mesure ont été compilées avec le logiciel Qualiticiel développé par le chercheur principal. Ce logiciel a permis de générer un rapport de qualité destiné à chacun des établissements ayant participé à l’exercice de mesure ainsi qu’un rapport global précisant les résultats obtenus à l’échelle du réseau de l’Université du Québec.

 La troisième et dernière phase de l’étude a permis d’expérimenter un processus d’évaluation de la qualité des pratiques de formation documentaire à partir des résultats générés lors de l’expérimentation du processus de mesure. Pour ce faire, six directeurs des Services de bibliothèques ont accepté de mettre sur pied un cercle de qualité au sein de leur établissement. Pour constituer les cercles de qualité, il a été recommandé de rassembler le directeur du Service de la bibliothèque, deux bibliothécaires-formateurs, deux enseignants universitaires et deux étudiants. Ces cercles de qualité devaient, à partir des rapports qui leur ont été soumis, identifier et mettre en priorité les forces et les points faibles en matière de pratiques de formation documentaire au sein de leur établissement. Ces cercles de qualité devaient également déterminer et prioriser les principales causes des points faibles identifiés.

 Un rapport de qualité a été produit par chaque cercle de qualité et remis à l’équipe de recherche qui, à son tour, a procédé à une analyse et à une synthèse de chacun des rapports soumis afin de dégager un portrait réseau des forces et des points faibles en matière de qualité des pratiques de formation documentaire. La technique du vote pondéré de Blake et Mouton a été retenue afin de dégager et de prioriser les forces et les points faibles identifiés à l’échelle du réseau. Les forces en matière de pratiques de formation documentaire sont, dans l’ordre: Prestation du formateur; Compétence du formateur; Relation avec l’enseignant universitaire; Conception de la formation documentaire; Infrastructure. Les points faibles identifiés se réfèrent, dans l’ordre à: Collaboration; Méthodes pédagogiques; Charge de travail du formateur; Infrastructure; Formation continue; Évaluation des apprentissages; Promotion.

 L’analyse des résultats obtenus dans le cadre de cette étude démontre une nette divergence entre les perspectives des bibliothécaires et des professeurs. Cette divergence de perspective se complique du fait que le principal point faible identifié en matière de pratiques de développement des compétences informationnelles réside dans la faible collaboration interprofessionnelle entre les divers intervenants et services impliqués. En plus de constituer le principal point faible identifié au sein du réseau, la faible collaboration a aussi été retenue à titre de cause la plus importante attribuée au deuxième point faible identifié: les Méthodes pédagogiques.

 La discussion présentée distingue clairement la notion de relation interprofessionnelle d’une véritable collaboration au sein des membres composant une équipe. À ce titre, le modèle de Levan (2009) présentant le cycle de la collaboration est amplement discuté, et ce, appuyé du continuum d’interdépendance de Little (1990; cité dans Beaumont, Lavoie et Couture, 2010). Cette discussion démontre bien l’ampleur du défi qui s’offre à nous si nous voulons que les intervenants impliqués dans le développement des compétences informationnelles passent d’une relation qualifiée uniquement d’échanges sociaux informels vers une véritable collaboration impliquant l’adoption d’un cadre commun de référence et d’un réel partage d’expertise, de ressources et de responsabilités dans la poursuite d’une mission commune.

 

Mots clés: Compétences informationnelles, Qualité, Collaboration interprofessionnelle, Formations documentaires, Mesure, Évaluation, Interdisciplinarité.

Équipe de recherche

Comité de pilotage

Le comité de pilotage assure la bonne gestion du projet et supervise les travaux de recherche exécutés par les membres du comité de travail. Il se compose de :

  • Louise Guy, directrice de la bibliothèque des arts/musique, à compter de janvier 2015, en remplacement de Anne Bourgeois, directrice par intérim des Services techniques (Service des bibliothèques) à l'Université du Québec à Montréal
  • Denis Boisvert, responsable administratif du projet et directeur du Service de la bibliothèque à l'Université du Québec à Rimouski
  • Guy Bélanger Ph.D., responsable scientifique du projet et professeur-chercheur à l'Université du Québec à Rimouski
  • Johanne Belley, directrice du Service de la bibliothèque à l'Université du Québec à Chicoutimi, jusqu'à la fin de 2015
  • Luc Boudreault, directeur du Service de la bibliothèque à l'Université du Québec à ChicoutimUQAC par intérim, à compter de 2016.
  • Jean-Philippe Pouliot, bibliothécaire à l'Université du Québec à Chicoutimi
  • Caroline Lessard, directrice du soutien aux études et des bibliothèques de l'Université du Québec
  • Marie-Michèle Lemieux, agente de recherche à l'Université du Québec

Comité de travail

Le comité de travail réalise chacune des phases empiriques permettant de mener à terme le projet de recherche. Il se compose de :

  • Denis Boisvert, responsable administratif du projet et directeur du Service de la bibliothèque à l'Université du Québec à Rimouski
  • Guy Bélanger Ph.D., responsable scientifique du projet et professeur-chercheur à l'Université du Québec à Rimouski
  • Vanessa Allnutt, bibliothécaire à l'Université du Québec à Rimouski (jusqu'en juin 2015) 
  • Catherine Séguin, bibliothécaire à l'Université du Québec en Outaouais
  • Marie-Michèle Lemieux, agente de recherche à l'Université du Québec

Contacts

Responsable scientifique du projet : Guy Bélanger Ph.D., UQAR
Responsable administratif du projet : Denis Boisvert, UQAR
Coordination :  Marie-Michele Lemieux, UQSS